Cette liste n’est pas exhaustive et sera complétée au fur et à mesure…



Né en 1898, avec la sortie de Alarming Queen’s Company of Grenadier Guards in Omdurman Battle (La compagnie des gardes grenadiers de la reine sème la panique lors de la bataille d'Omdurman), court métrage documentaire de John Benett-Stanford, correspondant de guerre présent à la bataille d'Omdurman, le cinéma soudanais se développe jusqu’en 1949 sous la supervision du Bureau de liaison général du gouvernement britannique. Les films tournés à cette époque sont majoritairement réalisés par les journalistes et cinéastes venant de la métropole et privilégiant le genre de court métrage documentaire pour mettre en images les exploits des Britanniques sur le sol africain. Certains réalisateurs étrangers, comme, par exemple, le Français Jacques Baroncelli, se rendent également au Soudan à la recherche de lieux authentiques, voire exotiques, pour leurs tournages (voir L’Homme du Niger (Forbidden Love) de 1940).

En 1949, la Sudan Film Unit (SFU) est créée pour de couvrir l'actualité locale et ouvre ses portes aux cinéastes d’origine soudanaise Kamal Mohamed Ibrahim, Gadalla Gubara et Wisal Musa Hasan, qui sera la première chef opératrice de l’équipe. La production de la SFU se limite tout de même aux films documentaires et culturels et à un journal bimestriel, dont le nombre s’élève à plus d’une cinquantaine. En 1955, Gubara réalise pour la SFU le premier film en couleurs, Le Chant de Khartoum (Song of Khartoum), qu’on pourrait qualifier d’un documentaire d'avant-garde. A l'indépendance du Soudan, en 1956, la SFU est rattachée au ministère de la Culture et de l'Information, et Gubara devient son directeur en 1962 jusqu’en 1974, année de création de son propre studio de cinéma indépendant – le Studio Gad.

Les années 1960 – 1980 sont propices à l’émergence de nouveaux noms – cinéastes, réalisateurs et acteurs soudanais, – ainsi qu’à la production de films les plus célèbres, comme le premier long métrage de fiction Espoirs et Rêves (Hopes and Dreams) (1970) d’Ibrahim Mallassy, tourné en noir et blanc, avec Rashid Mahdi (Elrashid Mehdi) comme producteur et directeur de la photographie, ou encore Tajouje (1979) de Gadalla Gubara, primé au Festival international du film du Caire et remportant 11 prix à Alexandrie, Ouagadougou, Téhéran, Addis-Abeba, Berlin, Moscou, Cannes et Carthage. Par la suite, très peu de longs métrages sont réalisés, principalement en raison d'un manque de financement.

Le déclin progressif du cinéma soudanais débute à la fin des années 1980 et se poursuit jusqu’au début des années 2010, quand des associations privées, des cinéastes indépendants, de jeunes acteurs et des amateurs, activement engagés dans la réalisation de films, s'efforcent de relancer l'industrie cinématographique au Soudan et d'en façonner l'avenir. C’est alors que sont créés de nombreux collectifss, studios, société de productions et festivals – Sudan Film Factory, Sudan Independent Film Festival, Sudan Film Institut, Sudan International Animation Film Festival « Apedemak », Kordofani Films, ART LAB, Fawi Films et d’autres, dont les engagements et combats collectifs ou personnels se poursuivent malgré l’exil de guerre après 2023…

Références: Sudan Memory : https://www.sudanmemory.org/; Elmustafa Elsheikh Hayaty, A. , Yin, C. , Ullah, Z. , Ahmed, S. and He, T., “Sudanese Cinema: Past, Present and Future”, Art and Design Review, n°9, 2021, p. 268-283; Abdulla A., Abdulla A., « Une histoire du cinéma soudanais : l’art comme résistance politique », Sudfa Média, 1/04/2025 : https://sudfa-media.com/article/une-histoire-du-cinema-soudanais-l-art-comme-resistance-politique-12; Richard A., Encyclopedia of Early Cinema, Taylor & Francis, 2005 ; Zaki O., “Sudan: Gadalla Gubara - a Forgotten Filmmaking Legend”, 14/09/2012: https://allafrica.com/stories/201209160219.html; Nasr N., “The way to Cannes”, 9/05/2023: https://english.ahram.org.eg/NewsParis/498960.aspx; Hassan F., “Cinema During the Sudanese Revolution: an Interview with Amal Mustafa”, Andariya, 6/10/2021: https://andariya.com/post/cinema-during-the-sudanese-revolution-an-interview-with-amal-mustafa



Khartoum (1960) de Gadalla Gubara, 24 min. Documentaire. Un hommage à la capitale soudanaise et à sa vie nocturne, son architecture, ses commerces, sa société civile et sa mode. Cette œuvre a immortalisé ce que certains appellent « l'âge d'or du Soudan », lorsque « Khartoum était le Beyrouth… ou… le Paris de l'Afrique » (citation tirée du film). À cette époque, Khartoum était une ville multiculturelle ouverte comptant des dizaines d'églises catholiques, protestantes, coptes et éthiopiennes, ainsi qu'une grande diversité de communautés ethniques : juive, arménienne, syrienne, grecque, libanaise et serbe, mises en lumière par le réalisateur.



The Dislocation Of Amber (1975) d’Hussein Shariffe, 32 min. Documentaire. Evocation poétique de la ville de Suakin, un port autrefois florissant au Soudan, aujourd’hui en ruines. Son histoire est celle de la famine et de l’opulence, de la dévastation et du progrès, du commerce riche et du colonialisme.



Afrique, Jungle, Tambours et Révolution (Africa, the Jungle, drums and Revolution, en russe : Африка, джунгли, барабан и революция) (1977) de Suliman Mohamed Ibrahim Elnour, 11 min. Documentaire. Film de fin d’études, réalisé à Moscou au VGIK (atelier de Roman Karmen) et basé sur les idées sur l'Afrique dans la société soviétique, des documents d'archives, des dessins d'enfants et des entretiens avec des passants dans les rues de Moscou.



Le Tombeau (The Tomb) (1977) d’Eltayeb Mahdi, 17 min. Fiction. Un homme prétend pouvoir guérir les malades. L'histoire se déroule dans le prétendu tombeau d'un cheikh pieux. Ses disciples affluent de partout pour se faire guérir et perdent ainsi une fortune. Même après que la supercherie a été révélée, ils restent persuadés de ses pouvoirs.



Ça tourne toujours (It Still Rotates) (1978) de Suliman Mohamed Ibrahim Elnour, 19 min. Documentaire. Après avoir accédé à l'indépendance à la fin des années 1960, le Yémen commença à se rapprocher de l'Union soviétique. Lors de son voyage au Yémen, le réalisateur fut impressionné par l'enthousiasme suscité par la recherche de nouvelles voies. Il fut particulièrement fasciné par les écoles construites dans le désert pour les Bédouins : d'une part, elles étaient conçues pour répondre à leurs besoins, un lieu où de nouvelles alliances devaient se nouer ; d'autre part, elles symbolisaient une profonde transformation culturelle, une tentative de sédentarisation des Bédouins.



Tigers Are Better Looking (1979) d’Hussein Shariffe, 21 min. Docufiction. Il s’agit d’une adaptation d’une nouvelle de Jean Rhys. Dans le film, Shariffe porte son regard sur l’exil en Europe, soulignant les profondes disparités entre le Nord et le Sud. Le film met en contraste deux civilisations différentes : le Soudan, sa patrie, et la Grande-Bretagne, son pays d'exil. Par des abstractions poétiques, le réalisateur parvient à dépeindre le profond sentiment d'exil et le désir ardent de retrouver sa patrie. Les poèmes du film ont été interprétés par le chanteur soudanais Abdel-Aziz Dawoud Kabli. Le film a reçu une mention spéciale au Festival de Tour, en France, en 1980.



Tajouje (1979) de Gadalla Gubara, 78 min. Fiction. La narration du film se déroule à l’époque lointaine dans l’est du Soudan, dans un lieu d’isolement total. Tajouj est la belle cousine d’un jeune homme tribal qui est profondément amoureux d’elle. Il déclare publiquement son amour pour elle dans une chanson. Les traditions de la tribu dénoncent un tel acte et en conséquence son oncle refuse sa proposition de mariage. Mais après le départ du jeune homme et la déclaration de son repentir, le mariage est enfin autorisé. Entre-temps, cependant, un autre homme a misé son intérêt pour Tajouj, ce qui pousse le jeune homme à la jalousie. Cela prépare le terrain pour une série de transgressions qui se traduiront par une tragédie et enverront le jeune homme en exil comme un barde errant des déserts.



Un chameau (A camel) (1981) d’Ibrahim Shaddad, 14 min. Docufiction. Un reportage sur la vie d’un chameau, qui se déroule en grande partie dans une petite pièce lugubre – un moulin à sésame.



La Gare (The Station) (1989) d’Eltayeb Mahdi, 16 min. Documentaire. Soudan, fin des années 1980. Les habitants traversent le désert à pied ou parcourent de longues distances en voiture ou en camion. Dans ce film, Eltayeb Mahdi met en scène des rencontres à l'un des principaux carrefours entre la capitale Khartoum, au centre du pays, et Bur Sudan, sur la mer Rouge.



Diary in exile (1993) d’Atteyat Al-Abnoudy & Hussein Shariffe, 52 min. Documentaire. Après le coup d’Etat militaire au Soudan en 1989, l’Egypte a vu un grand nombre d’émigrants soudanais venir s’établir au Caire. Parmi eux un grand nombre d’intellectuels, penseurs, professeurs des Universités, journalistes, docteurs, avocats et même ex-ministres, ceux qu’on appelle « les cerveaux de la Nation », autant enseignants que des gens ordinaires. Tous ont été virés de leur travail par le nouveau gouvernement. Le film enquête sur la situation de ceux qui sont venus au Caire, soit pour s’y établir ou juste pour traverser vers un autre pays, cherchant des solutions pour survivre tout en rêvant au retour à la terre natale, le Soudan.



Insan (Homme) (1994) d’Ibrahim Shaddad, 27 min. Docufiction. Les épreuves et les tribulations d'un villageois soudanais dans une grande ville étrangère. Tourné entièrement sans dialogues, le film utilise le son de manière novatrice pour raconter l'histoire d'un berger qui quitte sa femme et son troupeau pour s'installer dans une ville voisine.



Les Plumes des oiseaux (2005) d’Amjad Abu Al Ala, 33 min. Fiction. Un monde de contes populaire se mêle à la vie réelle et à une tragédie familiale dans un Soudan rural.



Les Misérables (2006) de Gadalla Gubara et Sara Gubara, 112 min. Fiction. Ce film, adapté du roman de Victor Hugo, met en scène l’acteur Gamal Hassan dans le rôle de Jean Valjean, un homme dont la vie bascule dans le crime à cause de circonstances défavorables. Grâce au soutien d’autres personnes, il parvient à opérer une transformation remarquable. Le cinéaste Gadalla Gubaravoit dans ce récit une parabole significative sur la volonté de changement, essentielle pour l’avenir du Soudan.

This film, adapted from Victor Hugo’s novel, stars actor Gamal Hassan in the role of Jean Valjean, a man whose life descends into crime due to adverse circumstances. With the support of others, he manages to undergo a remarkable transformation. Filmmaker Gadalla Gubara saw this story as a meaningful parable about the will for change, a concept he considered essential for Sudan’s future.



Trip (2008) de Nisren Abasher et Anne-Lisa Lippoldt, 3 min. Animation. Il s’agit d’un film autobiographique, journal de bord d’une jeune fille soudanaise partant pour l’Allemagne, à la découverte de nouvelles habitudes, de nouvelles conditions de vie.



Darfur’s Skeleton (2009) de Hajooj Kuka, 52 min. Documentaire. Le sujet rarement abordé des effets du conflit du Darfour sur l'environnement est au cœur des trois histoires principales de ce documentaire. Une histoire du peuple du Darfour, racontée par le peuple du Darfour. De la destruction de la forêt de Kondowa au Darfour-Sud, aux récits discrets et touchants des réfugiés déplacés du camp d'Otash, en passant par les explications approfondies des chefs tribaux. La vie au cœur d'une zone de guerre, mais aussi une célébration de la capacité d'action d'un peuple et de sa volonté de survivre et d’aller de l’avant.



Notre Soudan bien-aimé (Our Beloved Sudan) (2011) de Taghreed Elsanhouri, 92 min. Documentaire. Le documentaire mêle l’histoire d’une famille à celle du pays, relate à travers des images d’archives et des interviews de politiques, le destin de la nation soudanaise de sa naissance en 1956 jusqu'à sa partition en 2011.



In Search of Hip Hop (2012) d’Issraa El-Kogali, 11 min. Documentaire. A Khartoum des jeunes se disent artistes Hip Hop. Ce film musical offre une plongée de l'intérieur sur une nouvelle vague d'expression artistique au Soudan. Avec une explosion de concerts, et des DJs, MCs venant d'Europe et des USA, le feu du Hip Hop fire enflamme vraiment la ville des deux Nils.



Beats of the Antonov (2014) de Hajooj Kuka, 68 min. Documentaire. Une immersion dans le monde des fermiers soudanais, des bergers et des rebelles du Nil Bleu et des régions du mont Nouba, qui célèbrent avec un air de défi leur héritage et revendiquent leur terre malgré une campagne de bombardement du gouvernement.



Iman : Faith at the crossroads (2016) de Mia Bittar, 40 min. Ce long métrage produit avec le soutien du PNUD Soudan et présenté la même année au siège de l'ONU à New York, est inspiré de faits réels et raconte quatre histoires de jeunes Soudanais confrontés à la radicalisation.



Nyerkuk (2016) de Mohamed Kordofani, 19 min. Fiction. Adam a perdu son père dans un raid aérien et s'est réfugié dans la grande ville. Pour survivre, il devient alors un habile cambrioleur dont les compétences sont reconnues et utilisées par un truand local. Les choses se compliquent lorsqu’Adam décide de se libérer de l'emprise de son boss afin de changer sa vie.



Sudan’s Forgotten Films (2017) de Suhaib Gasmelbari et Katharina von Schroeder, 25 min. Documentaire. Deux conservateurs passionnés œuvrent depuis plus de 40 ans dans les archives d’Omdourman pour préserver le patrimoine cinématographique de leur pays. Avec près de 13 000 films, ces archives figurent parmi les plus importantes d’Afrique. Malheureusement, après des années de négligence et de conditions de stockage inappropriées, de nombreuses bobines de film se dégradent dans le climat tropical impitoyable du Soudan.

Two passionate archivists have worked for more than 40 years in Omdurman’s archives to preserve their country’s cinematic heritage. With nearly 13,000 films, these archives are among the most important in Africa. Unfortunately, after years of neglect and improper storage conditions, many film reels are deteriorating under Sudan’s harsh tropical climate.



Winji (2018) d’Ibrahim Sayed, 11 min. Animation. Une belle satire sociale sur la dictature au Soudan, la censure et les artistes et activistes réduits au silence durant de longues années…



Akasha (2018) de Hajooj Kuka, 78 min. Fiction. Une comédie de guerre : Adnan a obtenu un congé de son devoir de soldat révolutionnaire pour avoir abattu un avion de chasse MiG, et professe maintenant son amour pour l'AK-47 responsable du tir, en nommant l'arme Nancy. Sa petite amie, Lina, n'apprécie pas cet autre amour et le met à la porte. Au cours des 24 heures suivantes, son commandant tente de rassembler tous les déserteurs, et Adnan élabore une série de plans pour récupérer Nancy, qu'il a accidentellement laissée dans la maison de Lina. En chemin, il est aidé par un autre déserteur, Absi, qui croit au pacifisme.



Sérotonine (2018) de Shehab Satti, 28 min. Fiction/expérimental. Ce court métrage explore l'impact de l’hormone sérotonine, responsable de nos émotions, sur la vie des personnages : dans une esthétique en noir et blanc, défilent devant le spectateur les événements reflétant le passé des personnages, leurs sentiments d'incertitude, de solitude et leur quête d'une lueur d'espoir au bout du tunnel…



La Veuve (2019) d’Ekram Hamad, 14 min. Fiction. Une jeune femme perd son mari. Entre le chagrin qu’elle éprouve et les traditions étouffantes qu’elle doit respecter, elle finit par choisir toute autre voie à suivre – celle de l’amour maternelle.



Talking About Trees (2019) de Suhaib Gasmelbari, 94 min. Documentaire. Ce film raconte l’histoire d’Ibrahim Shaddad, Manar Al Hilo, Suleiman Mohamed Ibrahim et Altayeb Mahdi, les cinéastes cofondateurs du légendaire Sudanese Film Group, fondé après le coup d’État militaire de 1989 pour préserver et promouvoir la culture cinématographique au Soudan.

This film tells the story of Ibrahim Shaddad, Manar Al Hilo, Suleiman Mohamed Ibrahim, and Altayeb Mahdi, the filmmaker co-founders of the legendary Sudanese Film Group, established after the 1989 military coup to preserve and promote Sudan’s cinematic culture.



Tu mourras à 20 ans (2019) de Amjad Abu Alala, 105 min. Fiction. Peu après la naissance de Muzamil, un chef religieux du village prophétise qu’il mourra à 20 ans. Incapable de supporter le poids de cette malédiction, le père abandonne la famille. La mère, quant à elle, élève seule son fils en le préparant à son destin. Un jour, juste avant le fatidique anniversaire de Muzamil, un vieux cinéaste arrive au village…

Shortly after Muzamil’s birth, a village religious leader predicts that he will die at the age of 20. Unable to bear the weight of this curse, Muzamil’s father abandons the family. His mother, however, raises her son alone, preparing him for his destiny. One day, just before Muzamil’s fateful 20th birthday, an old filmmaker arrives in the village...



The Dogs Shitter (2019) de Sadam Siddig, 15 min. Fiction. Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle L'homme aux déchets de l'écrivain soudanais Abdelaziz Baraka Sakin. Le film met au cœur du récit un Soudanais qui vit en Europe depuis 20 ans et cherche, bon gré mal gré, à concilier ses traditions d'origine avec la vie en Occident.



Khartoum Offside (2019) de Marwa Zein, 72 min. Documentaire. À Khartoum, des femmes assument leur passion pour le football et tentent de réaliser leurs rêves. Prêtes à défier les interdits imposés par une société patriarcale, elles poursuivent leur combat pour être officiellement reconnues comme équipe nationale féminine du Soudan.



The Art of Sin (2020) d’Ibrahim Mursal, 59 min. Documentaire. Ce film porte sur Ahmed Umar, artiste plasticien d’origine soudanaise qui vit en Norvège. En 2015, il a révélé son homosexualité sur Facebook, devenant ainsi le premier homme ouvertement gay du Soudan. Bien que la dictature en place depuis 30 ans ait été renversée en 2019, l’homosexualité est toujours passible de la peine de mort au Soudan. Ahmed prend tout de même le risque de retourner au Soudan pour revoir sa mère. Dans The Art of Sin, Ibrahim Mursal doit faire face à ses propres préjugés tout en suivant le parcours d’Ahmed. D’origine profondément religieuse, il se débat avec sa conception culturelle de la masculinité. The Art of Sin est un voyage qui traverse les mondes et les cultures, l’art et la religion, les identités nationales, les sexes et l’amour.



Al-Sit (2020) de Suzannah Mirghani, 20 min. Fiction. Nafisa, 15 ans, a des sentiments pour Babiker. Cependant, les parents de Nafisa ont arrangé son mariage avec Nadir, un jeune homme d'affaires soudanais, qui vit à l'étranger. En parallèle, la grand-mère de Nafisa, Al-Sit, la puissante matriarche du village, a ses propres idées pour l'avenir de Nafisa.



A Handful of Dates (2020) d’Hashim Hassan et Issraa Elkogali, 12 min. Fiction. Basé sur la nouvelle du même nom de l'écrivain soudanais Tayeb Salih, ce film raconte l’histoire d’un jeune garçon qui coule une enfance idyllique dans un village soudanais mythique, niché entre le désert et le Nil. Son monde précieux bascule lorsqu'il découvre la vérité troublante qui se cache derrière la fortune de sa famille et la mort inéluctable d'un fermier.



Listen to My Dance (2021) d’Alyaa Sirelkhatim Musa, 15 min. Fiction. Ahmed, un garçon sourd de 9 ans, tente de s'adapter à sa nouvelle école. Sa première question à faire à la maison révèle son anxiété face à ce nouvel environnement. Les rêves qu'il fait et les sons qu'il perçoit le guident dans sa découverte de cette nouvelle réalité et lui permettent de projeter les sons qui l'aident à danser.



Heroic Bodies (2022) de Sarah Suliman, 95 min. Documentaire. L’histoire de l’oppression des femmes au Soudan remonte au XVIe siècle. Ce film propose de nombreux exemples de la manière dont le corps féminin était considéré et traité durant ces 400 ans: des faits choquants, des anecdotes remarquables et des démonstrations de grand courage sont illustrés par des documents d’archives uniques qui présentent une image du Soudan rarement vue.

The history of women’s oppression in Sudan dates back to the 16th century. This film provides many examples of how the female body was viewed and treated during these 400 years: shocking facts, remarkable anecdotes and demonstrations of great courage are illustrated by unique archival documents that present a rarely seen picture of Sudan.



Le Barrage (2022) de Ali Cherri, 80 min. Fiction. Ce film suit Maher, un ouvrier d’une briqueterie située près du barrage de Merowe, sur les rives du Nil. Chaque nuit, il s’aventure secrètement dans le désert pour ériger une mystérieuse construction faite de boue. Tandis que les Soudanais se soulèvent pour réclamer leur liberté, sa création semble également prendre vie.

This film follows Maher, a labourer at a brick factory near the Merowe dam on the banks of the Nile. Every night, he secretly ventures into the desert to build a mysterious mud structure. As Sudanese citizens rise up to demand their freedom, Maher’s creation also seems to come to life.



The 'Spider-Man' of Sudan (2022) de Rafa Renas et Phil Cox, 19 min. Docufiction. À Khartoum, un homme déguisé en Spider-Man rejoint les manifestants qui cherchent à protéger le gouvernement civil après le coup d'État militaire d’octobre 2021. « Spidey » est devenu célèbre sur les réseaux sociaux pour ses sauts depuis les panneaux publicitaires et ses escalades en haut des immeubles pour éviter le gaz lacrymogène. Cependant, c'est son travail auprès des enfants les plus pauvres de Khartoum qui lui a permis d'être un acteur positif de la résistance, aidant une nouvelle génération à prendre conscience de sa valeur et à être fière du riche patrimoine de son pays.


Women of War (2022) d’Algaddal Hassan, 25 min. Documentaire. Ce film raconte l'histoire de plusieurs femmes qui ont traversé les épreuves de la guerre dans la région du Nil Bleu, au Soudan. Entre la perte et l'espoir de vivre, elles défient les circonstances et créent un impact positif sur leurs communautés. Elles chantent pour la paix, car ce sont elles qui en ont le plus besoin.



Ahmed Corona (2022) d’Ibrahim Sayed, 9 min. Fiction avec les éléments d’animation. Par un beau matin, Ahmed, surnommé Ahmed Corona, se rend à son travail de chauffeur de taxi. Il est alors arrêté et conduit au centre de sécurité de Khartoum, où… on lui fait jurer d’obéir à l'armée ! Son esprit et sa vision simple de la vie et de son pays changent à jamais.



Chants sur le pont (2022) de Sadam Siddig, 27 min. Documentaire. Le film porte sur la figure d’Islam Zian-Alabdeen, artiste plasticien soudanais exilé en France en 1991, à la suite des manifestations contre le régime d’Al-Béchir. En 2019, Islam Zian-Alabdeen a participé aux manifestations en France et en Europe en soutien de la révolution au Soudan. La caméra l’accompagne pendant les rassemblements, dans son atelier de Rueil-Malmaison, mais également dans son intimité familiale, où Islam Zian-Alabdeen soulève, pas à pas, des questions politiques, humaines et artistiques. Dans ses réflexions, il relie les deux dates, 1991 et 2019, et le film, tout comme l’artiste, rend hommage aux victimes de ces deux soulèvements.



Buzz (2022) de Mohamed Fawi, 20 min. Fiction. Alors que sa santé se détériore, une mère regarde son fils et sa fille se préparer à son décès inévitable et à leur nouvelle réalité.



Goodbay Julia (2023) de Mohamed Kordofani, 120 min. Fiction. Une fresque historique avec, au cœur du récit, une étrange amitié entre une riche soudanaise musulmane du Nord, Mona, et une soudanaise chrétienne du Sud, Julia, démunie après la mort de son mari.



Madaniya (2024) de Mohamed Subahi, 75 min. Documentaire. Ce film retrace le soulèvement qui a conduit au renversement du régime d'Omar Al-Bashir au Soudan, au pouvoir depuis 30 ans. Au cœur de la narration trois jeunes protagonistes luttent pour changer leur vie et leur avenir.



Is it war? (2024) de Timeea Mohamed Ahmed, 6 min. Fiction/expérimental. Un artiste vêtu du costume traditionnel navigue entre le chaos de son monde intérieur et la réalité du Soudan déchiré par la guerre. L’exil lui permet d’échapper mentalement aux réalités du conflit dans son pays natal. À travers une série de scènes symboliques, il exprime son trouble intérieur et les profonds impacts de la guerre sur tous les Soudanais, quelles que soient leurs origines ethniques et leurs appartenances.



Blue Card (2024) de Mohammed Alomda, 75 min. Fiction. Un réfugié soudanais en Égypte, accablé par la culpabilité, prend un travail dégradant en attendant mieux. Un lien inattendu avec un vendeur de nourriture de rue égyptien le pousse à se confronter à son passé et à redéfinir son avenir.



Khartoum (2025) d’Anas Saeed, Rawia Alhag, Ibrahim Snoopy Ahmad et Timeea Mohamed Ahmed, 80 min. Documentaire. Forcés de quitter le Soudan pour l'Afrique de l'Est après l'éclatement de la guerre en 2023, cinq citoyens de Khartoum rejouent, non sans nostalgie, leurs histoires de vie.



Cotton Queen (2025), de Suzannah Mirghani, 89 min. Fiction. Basé sur le court métrage Al-Sit (2020), ce film raconte l’histoire de Nafisa, une adolescente soudanaise qui grandit dans un village vivant de la culture du coton. Elle doit trouver un équilibre entre les attentes de ses parents et son désir d'indépendance.



Gidam – Jusqu’au bout ! (2025) de Sarah Bachellerie et Hamad Gamal, 43 min. Documentaire. En rupture avec les images médiatiques, peu nombreuses, et qui ont documenté les événements des dernières années au Soudan sous un angle sensationnaliste (la révolution de 2019, puis la guerre commencée en 2023), les réalisateurs de ce documentaire ont suivi leurs protagonistes – Essam, Rashida, Mussab, Ismaïl et Khansa, – réfugiés soudanais en France, au cours de trois années marquées par des tensions politiques et de l’espoir, en mettant en avant la continuité de l’engagement de ces militants en exil, qui voient leur pays se soulever pour la liberté et la démocrate, puis s’effondrer à nouveau lors du coup d’Etat militaire et l’éclatement de la guerre. Jusqu’au bout ! est également le premier documentaire qui rend visible la diaspora soudanaise en France.



Ratrata (2025) de Sadam Siddig, 17 min. Fiction. Une balade nocturne d'une femme et d'un homme à travers le Caire; lors de cette balade, les protagonistes partages leurs rêves, souvenirs, sentiments et inquiétudes.



Bougainvillea (2025) d’Yasir Faiz, 17 min. Docufiction. Au cœur de la révolution soudanaise de 2018, six femmes se retrouvent emprisonnées, victimes d'une oppression brutale. Leur histoire témoigne avec force de la résilience inébranlable et du pouvoir transformateur de l'esprit humain.



Villa 187 (2025) d’Eiman Mirghani, 8 min. Originaires du Soudan, la réalisatrice Eiman Mirghani et sa famille vivent au Qatar depuis plus de 30 ans. En 2020, le père d'Eiman leur annonce que leur visa a été annulé subitement et, pour la première fois, leur avenir est incertain. Peu après, Eiman commence à filmer le déménagement de la maison familiale, leur foyer depuis plus de trois décennies. Elle se remémore le passé et s'interroge sur l'avenir dans une maison qui n'a jamais vraiment été la leur.



Rien ne se passera après ça ! (Nothing happens After That!) (2025) d’Ibrahiim Omar, 11 min. Fiction. Le réalisateur a réussi à conjuguer une simplicité visuelle (décors, personnages) et une complexité émotionnelle (qui passe par les silences et les visages endeuillés des protagonistes). Le spectateur se retrouve en observateur impuissant et sidéré face à une tragédie qui se déroule à l’écran : dans une petite maison où gît le corps d’un enfant mort, dans une voiture, dans les rues du Caire…